Entete

     
  • Colloque sur les plantations
Haut
     

Par Pierre Gagné, ing.f., M.Sc.

Où en sommes-nous au Québec avec les plantations, et quel sera leur rôle dans notre production ligneuse dans le contexte de l’aménagement durable de nos forêts ? Les 18 et 19 mars prochain se tiendra un colloque qui portera sur cette question et qui permettra de susciter le dialogue sur les différents enjeux et défis reliés aux plantations au Québec. Divers thèmes seront traités, dont les rendements observés, la rentabilité économique, la valeur et la qualité des bois, la certification forestière, l’acceptabilité sociale et l’adaptation aux changements climatiques. Des conférenciers nous entretiendront également sur les plantations ailleurs qu’au Québec (au Nouveau-Brunswick et en Suède).

Cet évènement, qui se tiendra à l’hôtel Clarion à Québec, est organisé conjointement par le Réseau Ligniculture Québec, Ressources naturelles Canada, le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, Partenariat innovation forêt, la Fédération des producteurs forestiers du Québec, l’Association forestière des deux rives et notre partenaire Domtar.

Tous les professionnels forestiers et les intervenants intéressés de près ou de loin à l’aménagement forestier intensif sont les bienvenus, de même que les étudiants.

Le programme détaillé est maintenant disponible en ligne et vous trouverez tous les détails du colloque sur la page Web de l’évènement : www.rlq.uqam.ca/colloque2015

Ne tardez pas à vous inscrire, car les places sont limitées !

Au plaisir de vous rencontrer lors du colloque.

     
  • Direction scientifique du RLQ
Haut
     

Nicolas Bélanger, nouveau codirecteur scientifique au RLQ

Par Pierre Gagné, ing.f., M.Sc.

Tout récemment, les deux codirecteurs scientifiques du RLQ (Christian Messier et John Mackay) ont transmis la responsabilité scientifique du Réseau à un nouveau codirecteur : Nicolas Bélanger, professeur en sciences de l'environnement et spécialiste des sols forestiers et de la biogéochimie terrestre à l'Université du Québec (Téluq) et chercheur au Centre d’étude de la forêt. Monsieur Bélanger est impliqué dans les activités du RLQ depuis sa création en 2001 à titre de chercheur postdoctoral. Ses recherches portaient alors sur les impacts de la préparation de terrain intensive sur la nutrition et la croissance du mélèze hybride, ainsi que sur l’impact des plantations à croissance rapide (notamment l'épinette de Norvège) sur la fertilité des sols. Entre 2004 et 2008, il a été professeur au Département des sciences du sol à l’Université de la Saskatchewan. Il s'est joint au réseau de l'Université du Québec en décembre 2008.


Nicolas Bélanger, codirecteur scientifique du RLQ. (Gracieuseté Téluq)

Ses travaux récents tournent autour de la productivité forestière, de la populiculture et de la culture du saule pour la séquestration du carbone et la production de bioénergie. Ses recherches actuelles portent également sur la valorisation des matières résiduelles fertilisantes (MRF) dans les plantations.

L’équipe du Réseau souhaite la bienvenue à Nicolas Bélanger. Avec tout son bagage de connaissances et ses nombreuses idées, on peut dire sans se tromper que la relève à la direction scientifique du Réseau est maintenant bien assurée !

Le RLQ salue la contribution de Christian Messier et John Mackay

Christian Messier et John Mackay ont agi à titre de codirecteurs scientifiques du RLQ pendant plusieurs années. Depuis quelque temps, ils ont de nouvelles fonctions ; ils demeurent membres actifs du RLQ mais maintenant que M. Bélanger a pris la responsabilité scientifique du Réseau, Christian et John peuvent se consacrer entièrement à leurs nouveaux défis. Christian Messier est maintenant professeur au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais et directeur de l'Institut des Sciences de la Forêt tempérée (ISFORT). Et un peu plus loin de nous, John Mackay a accepté un poste de professeur à l’Université d’Oxford en Angleterre.

Christian Messier
Christian Messier, cofondateur du Réseau Ligniculture Québec. (Gracieuseté UQAM)

John MacKay
John Mackay. (Gracieuseté)

L’équipe du RLQ remercie chaleureusement Christian et John pour tout l'appui qu’ils ont apporté au Réseau. Leur implication a permis la poursuite de la mission et des activités du RLQ pendant plusieurs années et toute l’équipe est reconnaissante d’avoir eu l’opportunité de travailler à leurs côtés. Leur expérience en recherche a grandement profité au Réseau et sous leur responsabilité, le RLQ a acquis une solide expertise en sylviculture intensive et en ligniculture.

Merci à vous deux !

     
  • Publications d'intérêt
  • Haut
         

    Par Daniel Lesieur, M.Sc. et Sabrina Morissette, ing.f.

    Thèse de Mathilde Chomel

    Dans le numéro précédent (Vol.13 No.4 – décembre 2014) du bulletin « Lignes et Cultures », nous vous parlions de la soutenance de thèse de Mathilde Chomel qui a eu lieu le 24 novembre 2014. Sachez que sa thèse vient tout juste d’être déposée et publiée (février 2015). L’ouvrage intitulé « Sylviculture intensive en région boréale : impact de la mixité des essences sur le processus de décomposition des litières et le stockage de carbone » compte cinq chapitres et totalise 183 pages. Pour prendre connaissance du résumé, cliquer ici. Vous pouvez également communiquer directement avec Mathilde afin d’obtenir une copie de sa thèse ou des informations supplémentaires sur ses recherches (mathilde.chomel@imbe.fr).

    La sylviculture intensive de plantations dans un contexte d’aménagement écosystémique

    En 2012, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a formé un groupe d’experts afin de réfléchir à la façon dont la sylviculture intensive de plantations peut s’insérer dans un contexte d’aménagement écosystémique. En effet, bien que les plantations constituent un outil sylvicole de premier plan pour assurer une partie de l’approvisionnement en matière ligneuse, elles peuvent symboliser une perte du caractère naturel de la forêt. C’est en utilisant une approche par enjeux et solutions que le groupe a défini et documenté les enjeux liés aux plantations. En réponse à ces enjeux écologiques, économiques et sociaux, le groupe a ensuite élaboré des solutions et formulé des recommandations.

    L’un des concepts à la base de la réflexion du groupe d’experts et des solutions à l’échelle du paysage élaborées est celui de la naturalité. Il s’agit d’un concept qui « permet d’évaluer le degré auquel se situe un écosystème par rapport aux conditions de référence observées dans la forêt naturelle ».

    The Forestry Chronicle 90 (6) : 732-747.
    Tiré de : The Forestry Chronicle 90 (6) : 732-747.

    Cinq classes du gradient de naturalité ont été retenues pour l’élaboration des solutions : naturelle, quasi naturelle, semi-naturelle, altérée et artificielle. Limiter la proportion du paysage occupée par des plantations qui représentent des peuplements des classes altérées et artificielles constitue une première solution. Une deuxième avenue consisterait à maintenir le plus élevé possible le degré de naturalité dans la matrice forestière. L’étude révèle que les principaux défis de l’intégration des plantations à l’aménagement écosystémique s’avèrent être la gestion de la quantité, de la localisation et de l’agencement spatial de ces plantations.

    Source :
    Martin Barrette, Marc Leblanc, Nelson Thiffault, Alain Paquette, Luc Lavoie, Louis Bélanger, Frédéric Bujold, Lévis Côté, Jean Lamoureux, Robert Schneider, Jean-Pierre Tremblay, Sylvie Côté, Yan Boucher et Marie-Ève Deshaies. 2014. Enjeux et solutions pour la sylviculture intensive de plantations dans un contexte d’aménagement écosystémique. The Forestry Chronicle 90 (6) : 732-747. DOI: 10.5558/tfc2014-146

    Effet de l'élagage sur la production de branches épicormiques chez le peuplier hybride

    Dans le but de produire un bois de haute qualité, l’élagage constitue l’une des techniques utilisées afin de diminuer la présence de nœuds. Toutefois, dans le cas du peuplier hybride (PEH), plusieurs études ont démontré qu’il était susceptible de produire des branches épicormiques (i.e. sur le tronc) suite à l’élagage. Dans cet article, les auteurs ont voulu déterminer en quoi l'intensité et la saison d'élagage favorisaient l’apparition de branches épicormiques de PEH et le cas échéant, si leur présence (ou absence via l’élagage) avait une influence sur la croissance en diamètre et en hauteur des tiges ainsi que sur les réserves en glucides dans les racines. Les résultats obtenus suggèrent une production réduite de branches épicormiques si l’élagage est fait durant l’été et sur le tiers de l’arbre seulement.

    Convoi de véhicules
    Tiré de Annals of Forest Science. Décembre 2014

    La coupe de nouvelles branches épicormiques formées suivant le 1er élagage ne diminuerait pas de façon substantielle les réserves en glucides et n’affecterait donc pas significativement la croissance en hauteur et en diamètre des tiges. Dans le cas où la production de tiges sans nœuds est l’objectif de la plantation, un second élagage serait à privilégier.

    Source :
    Annie DesRochers, Vincent Maurin, Émilie Tarroux, 2014. Production and role of epicormic shoots in pruned hybrid poplar: effects of clone, pruning season and intensity. Annals of Forest Science. Décembre 2014. DOI:10.1007/s13595-014-0443-8

    Rendement de peupliers hybrides sur terres en friche dans le sud du Québec

    Collaboration spéciale : Julien Fortier, Ph.D. Env.

    Vous trouverez dans cet article des équations (volume et biomasse) pour différents clones après 13 ans de croissance. Celles-ci montrent les différences d'allométrie entre les groupes de clones. Des équations générales, développées avec un total de 240 peupliers, sont également présentées. Elles mettent en lumière l’effet de l’âge de la plantation sur l’allométrie. Utilisant seulement le DHP comme variable prédicatrice, toutes ces équations sont faciles d'utilisation pour tous! Côté rendement, certains clones atteignent 30 m3/ha/an sur le meilleur site après 13 ans.

    Convoi de véhicules
    Tiré de Forests 2014, 5 (12) : 3107-3130

    Également, l’écart de productivité entre les sites pauvres et riches s’est largement accentué de 8 à 13 ans, suggérant que le temps de rotation ne joue pas en faveur des sites pauvres. Selon les auteurs, la zone agricole du sud du Québec a un énorme potentiel pour la culture du PEH pourvu que les sites sélectionnés soient fertiles... le choix du clone ne pouvant à lui seul garantir le succès de la plantation.

    Source :
    Benoit Truax, Daniel Gagnon, Julien Fortier et France Lambert. 2014. Biomass and Volume Yield in Mature Hybrid Poplar Plantations on Temperate Abandoned Farmland. Forests 5 (12) : 3107-3130; DOI:10.3390/f5123107

    Photo de Line Blackburn à l'honneur

    Par Sabrina Morissette, ing. f.

    Félicitations à Line Blackburn pour sa photo sélectionnée comme page couverture de le Revue canadienne de recherche forestière pour l'année 2015. Line s'est également vu remettre un prix de 500$! La photo a été prise suite à des travaux d'excavation des systèmes racinaires à l'aide d'une moto-pompe. Les travaux s'inscrivent dans le cadre de projets de recherche du laboratoire d'Annie DesRochers en Abitibi. Les travaux ont démontrés les liens racinaires qui pouvaient s'établir entre des individus de même espèce mais également avec des individus d'espèces différentes. Ces résultats ont d'ailleurs été primés comme l'une des 10 découvertes de l'année 2011 dans Québec Science.

    « C'est un travail qui demande beaucoup d'effort car le jet d'eau nécessaire à l'excavation est très puissant! La tâche se complique lorsqu'il y a accumulation d'eau ... il faut alors avoir les pieds solidement ancrés dans le sol! » nous racontait Line, sourire en coin! Le résultat de l'excavation créer une véritable « oeuvre d'art » d'ajouter Line.

    Félicitations à Line et Annie pour ce beau cliché!

    Convoi de véhicules
    Photo : Line Blackburn

         
  • Résultats de l'effet des traitements de préparation de terrain sur la croissance du peuplier hybride après deux ans
  • Haut
         

    Par Ulysse Rémillard

    La papetière Norampac-Cabano, partenaire du Réseau Ligniculture Québec, s’est donné comme objectif l’intensification de sa production ligneuse par un ambitieux programme de plantation de peupliers hybrides (PEH). Elle a donc établi au fil des ans plusieurs hectares de plantations de PEH sur ses terres privées réparties dans la région du Bas-Saint-Laurent. Depuis le début de son programme de plantation de PEH, la compagnie a consacré de nombreux efforts à développer les bonnes techniques culturales nécessaires à la réussite des plantations. De ces techniques, la préparation de terrain à l’aide de la pelle en V a donné de bons résultats considérant le coût de ce traitement.

    La préparation de terrain de type « pelle en V » consiste en un double passage d’une pelle en V posée à l’avant d’un bouteur,  de façon à tracer un sillon d’environ 2,7 mètres de largeur et un andain de 2 mètres de largeur où se mélangent l’humus, le sol minéral et les débris ligneux.

    Ces dernières années, ce traitement a suscité certains doutes quant aux effets possibles sur la translocation des nutriments, l’érosion et la dégradation des sols. Un dispositif de suivi à long terme a donc été mis en place afin de quantifier ces processus.

    Méthode

    Le dispositif est situé dans les MRC de Kamouraska et du Témiscouata où 4 blocs ont été préparés selon 3 modalités : à l’aide la pelle en V, en monticules et un témoin où aucune préparation de terrain n’a eu lieu avant la plantation. Les clones de peuplier ont été plantés dans la moitié du traitement. La configuration des traitements et des sections plantées a été déterminée au hasard de façon à obtenir le dispositif tel qu’illustré à la Figure 1.

    Convoi de véhicules
    Figure 1 : Localisation des sites et hauteur totale à 2 ans

    Les blocs ont une superficie moyenne de 700 m². Les blocs Meunier et Rivière étant plus petits, le nombre d’arbres plantés dans les blocs varie de même que le nombre d’arbres exempts d’effet de bordure ayant été pris en compte dans l’analyse (Tableau 1).

    Convoi de véhicules
    Figure 1 : Localisation des sites et hauteur totale à 2 ans

    L’objectif de l’étude porte sur l’effet de la préparation de terrain sur la translocation des nutriments, de l'érosion et de la fertilité au niveau du sol. Des analyses de sol ont été conduites par les chercheurs de Ressources naturelles Canada et une caractérisation des microsites a été réalisée par les techniciens de la Direction de la recherche forestière  (DRF) du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Des balises métalliques ont été enterrées dans le sol de chaque bloc de façon à mesurer l’apport ou la perte de matière.

    Les plaçons ont été mesurés au mois de juin 2013 peu après leur mise en terre. La hauteur totale et la hauteur vivante (à la base du dernier bourgeon) ont été mesurées de même que le diamètre à la souche. La hauteur totale des peupliers ainsi que celle de la base de la croissance annuelle ont par la suite été mesurées aux automnes 2013 et 2014.

    Pour l'analyse des données, une comparaison des contrastes de type Tukey a été réalisée sur une analyse de variance des moyennes des blocs en termes d’accroissements annuels et de hauteur.

    Résultats

    Dans les trois traitements, les accroissements sont plus importants la deuxième année. Bien que la croissance la première année ait été deux fois plus importante en monticules qu’en pelle en V, cet écart tend à diminuer la deuxième année (Tableau 2).

    Tableau 2 : Accroissement annuel, hauteur totale et mortalité
    Tableau  2 : Accroissement annuel, hauteur totale et mortalité

    C’est le traitement par monticules qui offre un meilleur accroissement les deux premières saisons de croissance et permet aux plançons d’atteindre une hauteur moyenne de 3,56 mètres. Lorsque l’on compare la hauteur moyenne des blocs au moyen du test de Tukey , on peut affirmer que les traitements ont un effet significativement différent sur la hauteur totale (p-ajusté < 0,1 dans la comparaison Monticules vs. Pelle en V et p-ajusté < 0,05 dans les autres cas). Par ailleurs, la mortalité plus élevée observée dans le témoin peut s’expliquer par la mise en terre plus difficile en termes de profondeur et de compaction dans un sol non préparé.

    L’étude montre à ce jour des résultats forts intéressants, car bien que la hauteur des arbres soit plus grande dans le traitement en monticules, les accroissements annuels la deuxième année avec la pelle en V avoisinent ceux obtenus en monticules. Aussi lorsqu'on observe les accroissements par blocs (Figure 2), on aperçoit une grande variation entre ceux-ci et il est intéressant de constater les différences d’accroissement d’une année à l’autre dans les différents blocs  pour un même traitement (Figure 3).

    Convoi de véhicules
    Figure 2 : Accroissements annuels

    Étant donné les différences de coût élevé pour le traitement en monticules par rapport à celui de la pelle en V et la variation observée selon le site, il est prématuré de conclure à un grand avantage à moyen terme du monticule par rapport à la pelle en V. Il est nécessaire de poursuivre sur une base régulière le suivi de la croissance des arbres afin de déterminer les bénéfices à moyen et long terme sur la productivité. Aussi, il semble y avoir une réponse différente entre les années de croissance pour différents sites, peut-être qu’un traitement serait plus performant dans des sites ou des conditions particulières (sols, drainage, exposition …), mais le dispositif actuel ne permet pas de répondre à ces questions. Finalement, le choix du traitement devrait être conditionné par le résultat des études sur l’effet des traitements de préparation de terrain sur l’érosion et la translocation des nutriments, mais il est encore trop tôt pour observer ces phénomènes dans le dispositif.

    Convoi de véhicules
    Figure 3 : Moyennes des accroissements annuels

    Séparateur

    retour Bulletins