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Volume 10 numéro 2 AdobeLivre virtuel
     

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  • Guide de populiculture
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    Guide Populiculture

    L'équipe du Réseau Ligniculture Québec est heureuse de vous présenter le Guide de populiculture au Québec. Lancé officiellement le jeudi 6 octobre dernier à Québec, ce guide pratique sur la culture du peuplier hybride est le fruit d'un important travail d'équipe ainsi que d'une belle et longue collaboration entre les partenaires du RLQ. Le guide est destiné aux acteurs forestiers soucieux d'investir temps et argent dans la réalisation de plantations de peuplier hybride performantes. Il est vendu au coût de 15$ (TPS incluse). Vous pouvez obtenir un exemplaire en remplissant le bon de commande disponible sur le site Web du RLQ. Il vous est également possible de communiquer directement avec les professionnels du Réseau présents dans vos régions respectives (Québec, Montréal et Abitibi-Témiscamingue).

    Pour ceux et celles qui aimeraient consulter le contenu du guide avant d'en faire l'achat, sachez qu'un aperçu est disponible sous forme d'un livre virtuel (voir « Nouveauté sur le web »), présentement en ligne dans la section « Connaissances et rapports ». Ceux et celles qui se procureront un exemplaire papier auront accès à la version complète du Guide virtuel.

         
  • Carrefour Forêt Innovations
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    Par Sabrina Morissette, ing.f.

    Événement d'envergure organisé aux quatre ans, le Carrefour Forêt Innovations 2011 s'est déroulé du 4 au 6 octobre au Centre des congrès de Québec. Le Réseau Ligniculture Québec était présent et bien représenté pour l'occasion. Les 4 et 5 octobre, les professionnels du RLQ ont rencontré une foule de gens au kiosque organisationnel, tandis que le 6 octobre se tenait le colloque « Le reboisement : perspectives d'avenir », organisé conjointement par le RLQ et la Direction générale des pépinières et des stations piscicoles (DGPSP) du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). Aussi, au cours des trois jours du Carrefour, plusieurs partenaires et étudiants ont présenté des résultats de recherche en lien direct avec les activités du Réseau. Les quelques paragraphes qui suivent résument ces trois jours d'activités intenses.

    Retour sur le colloque « Le reboisement : perspectives d'avenir »

    Avec ses dix conférences touchant à différents aspects du reboisement au Québec, le colloque du 6 octobre a attiré une centaine de personnes, majoritairement en provenance du secteur gouvernemental. Dans son mot de bienvenue, le directeur général de la DGPSP, monsieur Daniel Richard, a mis à l'avant-plan l'importance des plantations, particulièrement celles à haut rendement. Le résumé de son discours d'ouverture mentionne d'ailleurs que la plantation d'arbres hautement améliorés est le seul moyen d'augmenter de façon importante le rendement à l'hectare. Pour ce faire, le Québec dispose déjà d'une capacité de production de plants de haute qualité génétique ainsi que d'une expertise grandissante en plantations à haut rendement.

    Monsieur Ronald Brizard, ingénieur forestier à la Direction de l'aménagement des forêts publiques et privées du MRNF a ensuite présenté la première conférence de la journée intitulée « Place du reboisement dans les programmes de mise en valeur des forêts privées et publiques ». M. Brizard a débuté sa présentation par un survol historique du reboisement au Québec, tant en forêt privée qu'en forêt publique. Depuis le début des années 2000, plus de 4,5 milliards de plants ont été mis en terre (dont 260 millions en regarni) et plus de 2,3 millions d'hectares reboisés (250 000 en regarni).

    Le reboisement se poursuit mais évoluera en lien avec les orientations de la Stratégie d'aménagement durable des forêts (SADF) et les enjeux qui s'y rattachent. Selon le conférencier, quatre de ces orientations ont un lien direct avec le reboisement, la principale visant à maximiser la production de valeur à partir du bois pour améliorer la richesse collective. Cette orientation se décline en trois objectifs soit : 1) dédier certaines portions du territoire à la production ligneuse intensive (AIPL) ; 2) cibler les investissements en fonction de leur rentabilité économique et 3) effectuer des interventions sylvicoles bien adaptées à l'écologie des sites et aux objectifs poursuivis (guides sylvicoles). L'atteinte de ces objectifs repose cependant sur certains enjeux ciblés par M. Brizard. Ainsi, le rendement des plantations par rapport aux prévisions et à l'amélioration génétique doit être obtenu et la rentabilité des travaux de reboisement établie. Un plant amélioré est un investissement. Il faut qu'il soit associé à un scénario sylvicole adéquat qui permettra de maximiser l'investissement et d'optimiser le rendement.

    Le conférencier a également mentionné les enjeux relatifs à la superficie et au financement des éclaircies commerciales dans les plantations, à l'acceptabilité sociales des plantations et, finalement, à celui de la certification du territoire qui représente un défi à relever. Le conférencier concluait l'exposé en mentionnant que le reboisement est un traitement vedette qui sera réalisé différemment. La quantité des travaux de reboisement sera légèrement diminuée alors que celle de regarni sera augmentée, tout en ciblant mieux les sites et en assurant davantage le suivi.

    De facture très appliquée, la conférence suivante intitulée « La production de plants et la densité de plantation, deux maillons importants dans la chaîne de valeur » était présentée par madame Isabelle Duchesne, chercheure scientifique au Centre canadien sur la fibre de bois. Elle montrait les résultats d'une étude portant sur les effets à long terme (60 ans) de l'espacement initial sur la croissance des arbres, les propriétés du bois, la qualité et la valeur des sciages dans un contexte de chaîne de valeur pour l'épinette blanche. Selon le résumé de la conférence, l'objectif ultime lié à la production de plants ainsi qu'à l'établissement et l'entretien de plantations devrait être la production de bois de qualité en prévision de sa mise en marché.

    Or, le réflexe actuel est plutôt de miser sur la production d'un volume maximum par unité de surface. L'exposé démontrait clairement que, dans les plantations d'épinette blanche n'ayant subi aucune éclaircie, les grands espacements (2,7 et 3,6 m ou respectivement 1 370 et 771 plants/ha) produisent de gros diamètres (donc de grands volumes), mais qu'ils engendrent également des problèmes de défilement et de très grosses branches. Pour cette essence, le constat est donc de ne pas reboiser trop espacé afin de limiter les problèmes de qualité (essentiellement pour le bois de charpente) à la fin de la révolution. Outre l'aspect espacement, la conférencière recommandait également l'élagage et un régime d'éclaircies pour la production de bois de structure de qualité.

    L'exposé suivant, à savoir « Le rôle des plantations dans l'aménagement des forêts de l'Anthropocène » a été fait par Alain Paquette, chercheur postdoctoral du Centre d'étude de la forêt basé à l'UQAM. D'entrée de jeu, ce dernier a défini l'Anthropocène comme étant la période actuelle de l'histoire de la planète où les activités humaines ont un impact global significatif sur les écosystèmes terrestres. Il a ensuite enchaîné avec quelques constats.

    Les plantations sont en expansion, alors que les forêts naturelles sont en déclin. Le fait de planter un seul arbre est salué, à l'exemple des plantations symboliques, alors que les plantations à plus grande échelle ont mauvaise presse. Selon Alain Paquette, la question à se poser n'est pas si l'on doit ou non faire des plantations, mais plutôt si l'on peut en faire de meilleures?

    Après cette mise en contexte mondiale, le conférencier a transporté l'auditoire vers la Haute-Mauricie où se déploie le projet Triade. Ce projet comporte trois zones distinctes, soit une zone de conservation, une zone dite extensive ainsi qu'une zone de production où se déroulent des activités d'aménagement et des plantations. Cette dernière zone recèle plusieurs dispositifs de recherche impliquant, entre autres, le mélèze hybride et l'épinette blanche. Certains dispositifs ont été présentés plus précisément lors de l'exposé avec une emphase mise sur le caractère opérationnel des travaux (pas uniquement de la recherche à petite échelle non transférable de façon opérationnelle). Pour obtenir davantage d'information en lien avec ces recherches, vous pouvez consulter la section consacrée aux sites d'études de notre site Web (région Mauricie) ou celui de l'Initiative TRIADE.

    AAM
    Accroissements annuels moyens des essences résineuses en plantation de la région Centre-du-Québec. (source : Guy Larochelle, Agence forestière des Bois-Francs)

    En début de colloque, un survol du reboisement en forêt privée a été fait, mais il y avait bien plus à dire sur le sujet. Ainsi, le quatrième conférencier, monsieur Guy Larochelle, ingénieur forestier et directeur général de l'Agence forestière des Bois-Francs, est venu présenter « Le reboisement en forêt privée porte-t-il fruits? Résultats pour le Centre-du-Québec ». Dans un premier temps, l'exposé dressait le portrait forestier de la région, alors qu'une deuxième partie portait sur une étude récente des plantations résineuses du territoire. Cette étude visait à connaître le portrait général des plantations, à estimer leur rendement ainsi qu'à mesurer leur développement et leur qualité. Pour ce faire, un inventaire des plantations résineuses âgées entre 15 et 30 ans du territoire centricois s'est échelonné sur deux ans au cours desquels 788 plantations ont été visitées et plus de 3 000 parcelles-échantillon mesurées. Les résultats montrent d'excellents rendements, particulièrement en ce qui a trait à l'épinette blanche (508,9 m³/ha) et au pin rouge (618,3 m³/ha), avec des accroissements annuels moyens variant de 8,0 m³/ha/an à 11,2 m³/ha/an.

    Avant de quitter pour le dîner, l'ingénieur forestier et chercheur à la Direction de la recherche forestière du MRNF, M. Guy Prégent a pris la parole avec une présentation intitulée « Les plantations, une voie indispensable pour les aires d'intensification de la production ligneuse ». Très dynamique et d'actualité, la présentation était axée sur les fameuses aires d'intensification de la production ligneuse (AIPL). Selon M. Prégent, la réussite des AIPL dépendra majoritairement des nombreux choix effectués par les décideurs et, dans une moindre mesure, de la qualité des travaux réalisés. Parmi les différents choix, on distingue ceux faits lors de l'établissement du peuplement (type de peuplement, station, espèce, qualité génétique, préparation de terrain) de ceux faits après son établissement (travaux d'éclaircie ou d'élagage).

    La présentation de Guy Prégent contenait beaucoup d'information qui peut se résumer à quelques phrases clés lancées par le conférencier. Le premier constat étant que, au Québec, les plantations sont généralement beaucoup plus productives que les forêts naturelles. Des plantations déjà établies, les plus jeunes ont un potentiel de productivité largement supérieur aux plus vieilles en raison de l'amélioration génétique. Cependant, il s'avère important de choisir les bonnes qualités de station pour maximiser le potentiel de productivité des plants génétiquement améliorés. En effet, l'amélioration génétique ne rend pas une station plus fertile! Outre le choix du type de peuplement, de la station et de la qualité génétique, le choix de l'essence revêt une importance particulière. L'une des diapositives de la présentation montrait d'ailleurs l'ordre de productivité selon les essences.

    Cet ordre étant le suivant :

    • Peuplier hybride (PEH)
    • Pin rouge (PIR)
    • Mélèze hybride (MEH)
    • Mélèze exotique (MEE+MEJ)
    • Épinette de Norvège (EPO)
    • Épinette blanche (EPB)
    • Mélèze laricin (MEL)
    • Pin gris (PIG)
    • Épinette noire (EPN)

    Monsieur Prégent a terminé son exposé en affirmant qu'il faudra miser sur les plantations pour atteindre les objectifs fixés par les AIPL.

    Les activités de l'après-midi ont débuté avec la présentation de madame Brigitte Bigué, sa dernière à titre de coordonnatrice en chef du Réseau Ligniculture Québec (RLQ), poste qu'elle a occupé pendant 10 ans. Intitulée « Les aires d'intensification de production ligneuse : expertise du RLQ », la présentation dressait un bilan des dix années d'existence du RLQ, un réseau de recherche et développement axé sur la sylviculture intensive des plantations et la ligniculture. De plus, elle posait la question à savoir comment mettre à profit l'expertise développée depuis 10 ans dans le contexte actuel des AIPL? Ce contexte actuel, c'est une cible de 2 % du territoire forestier public québécois en AIPL pour l'exercice 2013-2018, laquelle pourrait représenter 7,25 % de la possibilité forestière annuelle. Pour parvenir à cet objectif, il faudra d'abord établir les AIPL dans le respect de la certification des territoires forestiers et de la conservation de la biodiversité. Le RLQ souhaite contribuer à la mise en œuvre de l'aspect « production ligneuse » des AIPL par plusieurs moyens, dont l'expertise acquise et les liens tissés avec les intervenants régionaux, le développement de projets pilotes dans les régions, et l'accompagnement dans le développement d'une grille d'analyse pour la stratégie régionale des AIPL.

    L'exposé suivant, soit celui de l'ingénieure forestière Nadyre Beaulieu œuvrant chez AbitibiBowater (maintenant Produits forestiers Résolu), est venu accentuer et compléter les propos tenus plus tôt par Alain Paquette. La présentation « Le projet TRIADE en Mauricie : la science au service de la pratique » traitait de l'utilité du reboisement pour l'atteinte de l'objectif de développement durable à la base de la stratégie TRIADE. L'exposé débutait par l'historique suivi des fondements et objectifs de la TRIADE (conservation, aménagement écosystémique et production forestière). Par la suite, les deux fonctions principales du reboisement ont été présentées, soit bien entendu la production de matière ligneuse, mais également la fonction écologique. Cette dernière vise l'augmentation d'essences en raréfaction ou en diminution (par rapport aux proportions préindustrielles) telles que le pin blanc et les épinettes rouge et blanche, ainsi qu'à pallier le déficit de la régénération naturelle.

    Parmi les stratégies de reboisement retenues et testées, mentionnons l'importance des plantations de mélèze hybride, d'abord établies en monocultures et ensuite essayées en plantations mixtes expérimentales et rapidement en plantations opérationnelles. Un autre type de plantation est également pratiqué sur le territoire couvert par l'initiative TRIADE, c'est-à-dire la plantation sous-couvert avec un reboisement en épinettes (rouge, blanche et noire). La conférencière a terminé son exposé en présentant un bilan par essences du nombre de plants reboisés entre 2008 et 2010, ce qui équivaut à plus de 6,5 millions de plants, dont près de 1,3 million (20 %) en mélèzes hybrides, japonais et européens.

    De la Haute-Mauricie, l'auditoire voyageait maintenant vers la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean avec le chercheur au Service canadien des Forêts, monsieur David Paré. Ce dernier présentait un exposé intitulé « Faire pousser le peuplier hybride hors de sa zone de confort ou comment aménager le sol et la végétation pour une espèce exigeante ». Par sa présentation, M. Paré visait à démontrer l'influence des techniques sylvicoles (préparation de terrain, fertilisation, dégagement) sur le succès de plantations de peuplier hybride, particulièrement sur des sites forestiers aux sols acides de la sapinière à bouleau blanc. Il en ressort que la préparation de terrain revêt une grande importance sur la survie et la croissance de telles plantations.

    Parmi les méthodes de préparation mécanique du sol testées lors de l'étude (sillons ou TTS 1 à 3 passes, herse, monticule et aucune préparation), celle en monticules constitue la meilleure avec une compétition plus faible, un meilleur taux de survie ainsi qu'une réponse à la fertilisation supérieure. En termes de maîtrise de la végétation (dégagement), celui-ci est plus efficace dans les méthodes de préparation de terrain moins intensives. Quant à la fertilisation, elle s'avère pertinente sur les sites subissant une préparation intensive. Cela dit, la fertilisation ne remplace pas une bonne sylviculture. Cela s'explique en bonne partie par le comportement racinaire du genre Populus qui est l'évitement de la compétition. Dans ce cas, le monticule représente le meilleur choix dans une stratégie sans herbicides, car il agit en zone fertile exempte de compétition, laquelle permet un bon enracinement qui, à plus long terme, est garant du succès de la croissance. Pour davantage de détails en lien avec les résultats de cette étude, vous pouvez lire l'article de Bilodeau-Gauthier et al. (2011) publié dans la revue Forest Ecology and Management (261 : 620-629) doi:10.1016/j.foreco.2010.11.016.

    Ken Dubé
    Ken Dubé au moment de sa présentation (photo : Sabrina Morissette)

    Afin de compléter l'information liée au reboisement en forêt privée, l'ingénieur forestier Ken Dubé du Groupement forestier coopératif St-François (Estrie), est venu présenter une conférence intitulée « La plantation en forêt privée : sylviculture et rentabilité économique ».

    La présentation débutait par un bref survol historique du reboisement en Estrie. Monsieur Dubé nous apprenait que depuis 1996 près de 24 millions de plants ont été reboisés dans les Cantons-de-l'Est, dont 98 % en essences résineuses. Du reste, soit seulement 207 000 plants de feuillus, 85 000 sont des peupliers hybrides. Par la suite, le conférencier a enchaîné avec les contraintes liées au reboisement dans la région, dont la non disponibilité des friches abandonnées et le refus systématique des agronomes d'autoriser des travaux de reboisement. Les mises en terre tendent à diminuer, mais les travaux d'aménagement tels que l'éclaircie commerciale sont « faciles à vendre ».

    Ainsi, M. Dubé a fait mention d'exemples de plantations dont les données de croissance et de rendements sont connues. De ce nombre, notons deux plantations d'épinette de Norvège ayant fait l'objet d'une éclaircie commerciale. Leurs accroissements annuels moyens après éclaircie étaient respectivement de 8 et 17,7 m³/ha/an, ce qui est très encourageant. Le conférencier a alors poursuivi en présentant un défi régional au succès des plantations, soit celui de l'envahissement par le nerprun (genre Rhamnus). Il a conclu son exposé en parlant du projet pédagogique « Planter de l'air pur » ainsi qu'en présentant des tendances qui seront sans doute suivies au cours des prochaines années.

    Pour compléter cette journée faste en informations, quoi de mieux que de répondre à une question concrète en lien avec les bois issus de plantations. Questionnant l'avenir de ces bois, le dernier conférencier invité, le professeur-chercheur en séchage et préservation des bois à l'Université Laval, monsieur Yves Fortin, est venu présenter « …La recherche en transformation : la clé pour ouvrir de nouveaux débouchés ». Il a débuté en exposant les caractéristiques des bois de plantation par rapport aux bois de forêt naturelle.

    Parmi ces particularités, notons :

    • la forte proportion de bois juvénile avec un retrait longitudinal important ;
    • la forte proportion d'aubier, donc plus d'eau à évaporer au séchage ;
    • les nœuds plus nombreux et plus gros, donc plus de fil dévié ;
    • la densité plus faible (excepté feuillus à zone poreuse) ;
    • les propriétés mécaniques en flexion plus faibles ;
    • les poches de résine plus nombreuses à l'exemple de l'épinette blanche.

    Ceci étant dit, de nombreuses recherches ont été menées au Québec au cours des 30 dernières années en lien avec les propriétés de transformation et d'utilisation des bois de plantation. Les espèces les plus étudiées ont été le peuplier hybride et l'épinette blanche, ce pourquoi M. Fortin a présenté des résultats en lien avec ces deux essences.

    En ce qui a trait au peuplier hybride, trois sites de tests clonaux de la Direction de la recherche forestière (DRF) du MRNF ont fait l'objet d'un échantillonnage en vue de mesurer certaines propriétés du bois, d'abord les propriétés anatomiques, mais également les aptitudes au séchage et à l'usinage. Au final, la réponse à la question de départ est qu'il existe un avenir pour les bois de plantation, reflété dans les débouchés tels que les bois de commodité (bas grades), d'apparence et d'ingénierie, ainsi que dans la bioénergie, le bioraffinage, la pâte et les panneaux composites (par ex. : OSB). Le conférencier a conclu son exposé en parlant des nombreux défis auxquels devra faire face l'industrie du sciage ainsi que des perspectives plus qu'encourageantes en lien avec l'utilisation des bois issus de plantations.

    Ce colloque dédié aux perspectives d'avenir du reboisement s'est conclu par une courte synthèse présentée par le co-directeur scientifique du Réseau Ligniculture Québec, le professeur-chercheur Christian Messier.

    Il est à noter que tout le programme du colloque, incluant le cahier d'accompagnement avec résumés ainsi que les présentations en format PDF sont disponibles sur la page du colloquelien

         
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    Abitibi Abitibi-Témiscamingue

    Par Sabrina Morissette, ing.f.

    Les mois d'été et d'automne ont été passablement remplis dans la région témiscabitibienne. Outre les suivis de recherche habituels, il s'est déroulé un événement d'envergure internationale à Amos au mois d'août. Il s'agit du 6e Symposium international sur le développement racinaire : racines adventives, latérales et primaires, lequel a attiré près de 70 participants venus de quelque 17 pays, dont l'Allemagne, la Chine, le Brésil, le Chili et Israël.

    Système racinaire à nus
    Excavation hydraulique d'un système racinaire lors de la visite terrain du 10 août 2011 (photo : Mathilde Chomel, UQAT)

    Ce symposium était une initiative de la professeur-chercheur Annie DesRochers qui n'a pas hésité à impliquer activement le RLQ dans l'organisation de l'événement. Parmi les présentateurs se trouvaient plusieurs étudiants dont les projets de recherche se retrouvent dans la planification scientifique du Réseau. De ce nombre, mentionnons Simon Bilodeau-Gauthier (V4 TP11), Emmanuel Kokouvi Adonsou (V2 TP24) ainsi que Lahcen Benomar (V4 TP10). De plus, de nombreuses présentations faites par des chercheurs internationaux avaient un lien avec les peupliers, dont celle de Devinder Khurana (Inde), de Gabriella Stefania Scippa (Italie) et de Marie-Béatrice Bogeat-Triboulot (France). Vous pouvez visiter le site Web de l'événement afin de prendre connaissance des résumés des conférences (http://root2011.uqat.ca lien).

    La saison automnale est, quant à elle, propice à la participation à des congrès annuels et colloques. L'année 2011 ne faisant pas exception, le Réseau a participé à plusieurs rendez-vous forestiers, notamment le Carrefour Forêt Innovations à Québec, mais également le 68e congrès annuel de l'Association forestière de l'Abitibi-Témiscamingue.

    Sous le thème « Jeux de société » l'événement se déroulait à Val-d'Or les 10 et 11 novembre et a accueilli quelque 125 participants. Le sujet principal abordé était les très actuelles forêts de proximité. Dans le contexte témiscabitibien, ce sujet revêt une importance particulière et les conférenciers ont su aborder la question de façon remarquable. Tout aussi remarquable, le dîner-causerie en compagnie du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Corbeil, a permis d'entrevoir des allègements dans l'octroi (ou non) d'autorisations pour le reboisement des friches dans la région. Le Ministre a également mentionné le peuplier hybride accolé au saule et au sapin de Noël, deux cultures reconnues comme étant agricoles. Est-ce un pas vers la reconnaissance d'un tel statut pour le peuplier hybride? L'avenir nous le dira, mais c'est tout à fait encourageant. La journée se terminait par un débat qui s'est avéré très divertissant. Les antagonistes avaient à se prononcer sur deux questions, dont la première était « Quel rôle pour les friches dans un contexte de forêt de proximité? ». En somme, un congrès bien ficelé et toujours d'actualité!

    Tout récemment, le Réseau assistait, à North Bay en Ontario, à un colloque organisé par le « Biomass Innovation Centre ». Cet événement traitait de biomasse forestière et de bioéconomie. Tenu les 22 et 23 novembre, le programme du colloque comportait plus de 25 présentations sur un large éventail d'activités liées à l'exploitation de la biomasse forestière, allant des marchés potentiels aux programmes de financement de projets, en passant par des considérations plus techniques telles que les conséquences de la teneur en humidité de la biomasse pour l'énergie.

    Visite terrain dans la forêt Nipissing
    Visite terrain dans la forêt Nipissing (située en North Bay ON et Témiscaming QC) dans le cadre du colloque « Harnessing Biomass II : Support for Northern Ontario Bioeconomy Initiatives ». (photo : Sabrina Morissette)

    Nous ne savons pas encore si les présentations seront disponibles sur le site Web de l'organisme hôte, mais si tel est le cas, nous vous tiendrons informés. Entre temps, vous pourrez en apprendre davantage sur la filière biomasse au Québec en participant au colloque des 14 et 15 mars prochains à Québec (lire un peu plus loin dans ce Bulletin).

    Finalement, dans le cadre de la reconduction du programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier (PMVRMF) – Volet II, plusieurs demandes faites par la professeur-chercheur à l'UQAT Annie DesRochers et le RLQ ont été acceptées en Abitibi-Témiscamingue. Pour l'année 2011-2012, c'est un montant de 27 615$ qui a été accordé par les MRC d'Abitibi et de la Vallée-de-l'Or pour le suivi et l'entretien de huit dispositifs expérimentaux.

    Mauricie Mauricie

    Par Mario Buitrago et Daniel Lesieur

    Comme par le passé, l'équipe du laboratoire de recherche de Christian Messier (UQAM) a été très active au cœur du projet TRIADE. Mario Buitrago, étudiant à la maîtrise à l'UQAM, vous résume les activités réalisées au Minomaquam dans le cadre de ses travaux de terrain 2011.

    Le projet vise à évaluer l'effet de différentes préparations de terrain (scarifiage, profondeur de plantation et dégagement de la végétation de compétition) sur la croissance du mélèze hybride (Larix × eurolepis Henry). Un inventaire très détaillé a été réalisé afin de caractériser l'environnement immédiat des plants. Voici quelques exemples des travaux réalisés :

    Caractérisation des microsites de plantation

    FishEye
    Photo d'un plant cible à l'aide d'une lentille de type « fish-eye » (photo : Mario Buitrago).

    Pour chaque plant, l'environnement immédiat a été mesuré, c'est-à-dire la largeur et la profondeur du sillon, ainsi que la hauteur et la surface des buttes et des inversions. Nous cherchons à établir une relation entre l'environnement entourant chaque plant et sa croissance et sa survie.

    Sous-échantillonnage

    À l'intérieur de chaque placette de suivi (72 en total), 4 plants ont été sélectionnés pour faire un suivi plus détaillé de quelques caractéristiques dont deux liées au microsite, soit la température et l'humidité du sol, et deux liées aux plants, à savoir l'état nutritionnel et le stress hydrique.

    Prise de photos parallèles au sol sur les arbres sous-échantillon

    À l'aide d'un appareil photo numérique, d'une lentille de type « fish-eye » et d'une perche, des photos ont été prises vers le sol au-dessus de chacun des 4 plants cibles. Des logiciels de traitement d'images seront utilisés afin de déterminer, dans chaque photo, le pourcentage de végétation compétitrice, de sol nu et d'humus entourant chaque plant et ainsi essayer d'établir des différences entre les traitements.

    Estimation ponctuelle de la température et de l'humidité du sol

    Hauteur MEH
    Pousse annuelle d'un plant de mélèze hybride du projet Minomaquam en Mauricie (photo : Mario Buitrago).

    Des thermocouples ont été installés à 30 cm (environ) de chaque plant cible pour suivre la température du sol pendant la saison de croissance. De façon concomitante, l'humidité du sol a été mesurée en utilisant une sonde TDR. L'intérêt étant de relier ces variables physiques au type de traitement ainsi qu'à la croissance et à la survie des plants.

    Installation des stations de contrôle

    Afin de complémenter l'estimation de la température et de l'humidité du sol, deux stations ont été installées. Celles-ci mesuraient, à l'aide de sondes, ces mêmes variables de façon continue pendant la saison de croissance. Ces mesures aideront à la calibration de données récoltées de manière ponctuelle.

    Débroussaillage

    La moitié des placettes (36) a été débroussaillée de façon mécanique. Des comparaisons seront ensuite faites, en termes de croissance et de survie, non seulement entre débroussaillées et non débroussaillées, mais aussi entre traitements.

    Calcul de la croissance des arbres

    Au cours de l'automne, la hauteur et le diamètre de tous les plants (2211) des placettes ont été mesurés. Avec ces mesures et celles de l'année passée, des comparaisons entre traitements (scarifiage, profondeur de plantation et dégagement de la végétation de compétition) seront faites afin de juger lesquels (ou lequel) sont les plus convenables pour le mélèze hybride dans cette région.

    Outaouais Outaouais

    Par Daniel Lesieur

    En octobre dernier, la remesure de deux dispositifs de recherche implantés dans le sud-est de l'Outaouais a été effectuée. Chaque année, ce suivi annuel est rendu possible grâce au partenariat de recherche établi depuis 2008 entre l'IQAFF et le RLQ.

    Projet « Évaluation de compromis entre la productivité et la diversité des traits fonctionnels de plantations de sylviculture intensive »

    Ce dispositif, établi en 2008, se compose de 4 blocs répétant (i) des parcelles  monospécifiques de cerisier tardif (ct), (ii) des parcelles composées d'un mélange de ct et d'autres essences à forte croissance (bouleau blanc, pin blanc), (iii) des parcelles de ct et des espèces à croissance moins rapide mais amenant une diversité de traits fonctionnels plus importante (érable à sucre, cèdre) et (iv) des parcelles contenant un mélange des 5 espèces. Ce dispositif devrait permettre, entre autres, de déterminer l'impact de la diversité en espèces sur la productivité de l'ensemble de la parcelle mais aussi sur la productivité de chacune des essences. De plus, il sera possible d'évaluer le type de combinaison d'espèces qui garantira le meilleur compromis entre productivité et maintien de la diversité en traits fonctionnels.

    Les cerisiers tardifs ont subi d'importants dommages à la base de la tige par les rongeurs au courant de la saison estivale. Dans plusieurs cas, la tige était annelée sur plus de la moitié de la circonférence. Sylvain Delagrange nous mentionnait que « l'avantage avec le paillis c'est qu'il n'y a plus besoin de faire d'entretien autour des plants ni dans les inter-bandes. Cependant, le couvert herbacée s'installe donc rapidement entre les bandes et offre un bon site de protection pour les rongeurs. Nous envisageons faire un suivi de la mortalité la saison prochaine pour voir si les cerisiers s'en remettront et si leur survie ne serait pas meilleure dans les parcelles ou il est en mélange. Si c'est le cas, cela nous confirmera qu'il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier ! ».

    Pour ce qui est du bouleau blanc, leur (excellente) croissance s'est poursuivie. Certaines tiges atteignent déjà les trois mètres. Par ailleurs, la croissance des cèdres semble enfin avoir pris son envol. La hauteur de la majorité des tiges a doublé, passant d'une trentaine de centimètres à plus de 60 cm.

    iFor 1

    Des mesures ont également été réalisées dans la plantation de peuplier hybride iFor 1. Ce dispositif est composé de 4 blocs contenant chacun 17 clones différents et plantés en parcelles monoclonales de 16 individus. Installée sur paillis et n'ayant subi aucun autre entretien, la survie dans l'ensemble de la plantation est très satisfaisante. La performance de certains clones (notamment le 915508) est particulièrement remarquable et démontre leur adaptation à la région et au site. Chez ce clone, après 4 saisons de croissance, des hauteurs allant jusqu'à 6 m et des diamètres de plus de 6 cm au DHP ont été observés. À l'inverse, certains clones semblent nettement moins bien adaptés aux conditions locales comme c'est le cas pour le 131 (D × N) et le 3389 (D × B) qui sont tous deux des hybrides de peuplier deltoïde.

    Sylvain Delagrange dans iFor1
    Plantation de peuplier hybride iFor1 en Outaouais (photo : Daniel Lesieur)

    Nouvelles plantations

    Chêne rouge
    Chêne rouge mis en terre sur paillis en 2011 (photo : Daniel Lesieur).

    De nouvelles plantations ont été mises en terre au cours de l'été 2011. Dans les deux cas, il s'agit de cultures intercalaires permettant des doubles ou triples rotations. La première (1 rang sur 2) consiste en un mélange de trois clones de peuplier hybride connus pour être performants dans la région. La seconde rotation concerne des rangs (1 sur 2) de feuillus nobles (chêne rouge, noyer noir et érable à sucre) et pourraient être récoltés dans 70 à 80 ans.

    Les 15 premières années, les peupliers devraient former un couvert de protection propice au développement en hauteur des feuillus nobles et à leur élagage naturel. À court terme, ce type de plantation pourrait être rentabilisé grâce à l'ajout d'une troisième rotation (annuelle et agricole) entre les rangées d'arbres qui sont assez espacées (6 ou 7 m).

    Présentation à la Table des commissaires de la CRRNTO

    Portrait PEHL'an dernier, la Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire public de l'Outaouais (CRRNTO) mandatait le RLQ, l'Institut québécois d'Aménagement de la Forêt feuillue (IQAFF), la Direction de la recherche forestière du MRNF ainsi que Louisiana-Pacifique (usine OSB de Maniwaki) pour la réalisation d'un portrait des plantations de peuplier hybride en Outaouais, particulièrement celles en milieu forestier. Le rapport final du projet a été déposé en mars 2011, mais il n'a été présenté officiellement aux membres de la Table des commissaires de la CRRNTO que lors de la réunion qui s'est tenue le 3 novembre dernier à Maniwaki. Pour connaître les résultats de cette étude, veuillez-vous référer au document mis en ligne dans la section « Sites d'étude » de la région Outaouais.

    Saguenay-Lac-St-Jean Saguenay – Lac-Saint-Jean

    Par Pierre Gagné, ing.f.

    Plantation EPB
    Plantation d'EPB âgée de 38 ans, très dense et en retard sur l'éclaircie (photo : Pierre Gagné).

    Le 25 août dernier, le RLQ participait à une visite de plantations d'épinette blanche et d'épinette de Norvège dans la région du Saguenay. Cette visite terrain était organisée conjointement par le RLQ, l'Agence de mise en valeur des forêts privées du Saguenay - Lac-Saint-Jean et la Direction de la recherche forestière (DRF) du MRNF. Une quinzaine de participants ont pris part à cette sortie. M. Guy Prégent, expert en rendement et en sylviculture des plantations à la DRF, avait pris soin de préparer pour le groupe un document qui présentait les données dendrométriques de chacune des plantations visitées.

    Le premier arrêt était situé près de la municipalité de Boilleau dans une plantation d'épinette blanche (EPB) âgée de 38 ans sur un IQS de 11,1. Cette plantation avait la particularité de présenter une densité de plus de 3 400 tiges à l'hectare. Le volume total sur pied était d'environ 350 m³/ha et le DHP moyen était de 14,8 cm. Ici, aucune éclaircie n'a été réalisée et c'est effectivement la très forte densité de la plantation qui occasionne des diamètres aussi limités. M. Prégent a pris soin de faire remarquer au groupe qu'il n'existe pas vraiment d'élagage naturel dans les plantations d'épinettes. Dans le cas de cette plantation, les branches basses sont plus fines en raison de la forte densité, mais toutes les branches basses sont encore présentes sur les tiges. Ainsi, l'élagage naturel en plantation serait un mythe, tout comme le fait de croire qu'en plantation serrée, les arbres vont avoir tendance à pousser davantage en hauteur (la hauteur dominante était de 16,8 mètres). Un point à retenir pour cette plantation est le fait que le producteur a négligé une intervention (l'éclaircie) lorsque la croissance était maximale (vers 1998). Le retard de croissance ne pourra malheureusement pas être rattrapé.

    Guy Prégent (MRNF)
    Dans cette plantation d'EPB âgée de 40 ans, M. Guy Prégent explique au groupe l'importance de réaliser les éclaircies au bon moment (photo : Pierre Gagné).

    La deuxième plantation d'EPB visitée à Boilleau était âgée de 40 ans sur un IQS de 12,0 et présentait un volume de 424 m³/ha puis une hauteur dominante de 18,7 mètres. En raison d'une densité beaucoup plus appropriée (soit 2 075 tiges/ha), le DHP moyen était d'environ 19,6 cm. La plantation présente alors des tiges de bien meilleure qualité. Toutefois, la surface terrière est de 56 m²/ha, ce qui est très élevé et signe que nous sommes en retard d'environ 15 ans pour réaliser une éclaircie. En effet, la première éclaircie devrait être réalisée lorsque la surface terrière oscille entre 25 et 35 m²/ha.

    Dans cette plantation, un élagage a été réalisé, mais selon M. Prégent, une éclaircie aurait due être réalisée préalablement à l'élagage afin d'optimiser l'efficacité et la rentabilité économique de ce traitement sylvicole. Dans le cas de cette plantation, la qualité de station est légèrement plus élevée que la première plantation visitée et, selon l'objectif de production choisi, la plantation pourrait aisément subir jusqu'à trois éclaircies.

    L'arrêt suivant était situé à Ferland dans une plantation d'EPB de 40 ans présentant une hauteur dominante de 18,3 mètres sur un IQS de 11,7. On estime que la densité originale était d'environ 2 500 tiges à l'hectare. Par opposition aux deux premières plantations visitées, celle-ci a déjà subi deux éclaircies commerciales, soit une première vers 1988 et une autre vers 2000. Malgré ces deux éclaircies, le volume résiduel sur pied est de 263 m³/ha et le DHP moyen est de 24,4 cm, ce qui représente des tiges d'une très belle qualité. Cette plantation judicieusement éclaircie présente un peuplement beaucoup plus stable que les deux premières plantations visitées. La surface terrière était de 34,9 m²/ha et une troisième éclaircie (avec un prélèvement plus faible) serait encore possible avant d'effectuer la récolte finale. M. Prégent mentionne au groupe que cette plantation montre bien les capacités de production de l'épinette blanche en plantation lorsqu'elle est entre les mains d'un bon sylviculteur (M. Lavoie dans ce cas-ci).

    plantation d'EPB de 40 ans
    La plantation d'EPB de 40 ans de M. Lavoie. Cette plantation présente un peuplement de très bonne qualité en raison des traitements sylvicoles qui y ont été réalisés au bon moment (photo : Pierre Gagné).

    Le dernier arrêt de la journée était situé dans la municipalité de Ste-Rose-du-Nord, dans une plantation d'épinette de Norvège âgée de 30 ans. On constate rapidement que cette espèce est plus productive que l'EPB car, malgré le jeune âge de la plantation, le volume total sur pied est de 437 m³/ha. À la lecture de la surface terrière qui est de 56,5 m²/ha, ce qui est énorme, on constate que ce peuplement aurait vraiment bénéficié d'une éclaircie étant donné la productivité du site et de cette espèce à haut rendement. Le propriétaire de la plantation a sans doute perdu une opportunité de produire encore plus de bois. Le potentiel du site laisse croire que la plantation pourra atteindre près de 700 m³/ha et selon les données de M. Prégent, cette plantation est l'une des plus productives au Québec.

    Plantation d'épinette de Norvège âgée de 30 ans
    Plantation d'épinette de Norvège âgée de 30 ans, avec un volume total de 437 m³/ha (photo : Pierre Gagné).

    Pour clore la journée, M. Prégent en a profité pour présenter l'outil de modélisation qui a été développé récemment par la DRF et qui sera bientôt en ligne sur le site Web du MRNF (Prégent, Picher et Auger, 2010). Cet outil pourra être utilisé par toute personne intéressée à modéliser la croissance d'une plantation d'épinette blanche à partir de cinq données de base : l'année de la plantation, son âge, la hauteur dominante, la surface terrière et le nombre de tiges à l'hectare. La modélisation permettra alors de connaître plusieurs caractéristiques futures de la plantation, dont le volume.

    Cette visite terrain a ravi les participants et le groupe a été en mesure de visualiser l'importance des travaux sylvicoles dans la productivité des plantations d'épinettes. Plusieurs constats viennent résumer de façon adéquate ce que le groupe a appris au cours de cette journée :

    • la productivité d'une plantation dépend beaucoup de la qualité de la station ;
    • l'élagage naturel n'existe pas vraiment en plantation ;
    • la réussite d'une plantation dépend d'une série d'étapes, et si on néglige une de ces étapes, on ne pourra pas compenser le retard par la suite ;
    • la première éclaircie devrait être réalisée lorsque la plantation présente une surface terrière allant de 25 à 35 m²/ha ;
    • plus le peuplement est productif et dense, plus la première éclaircie doit être hâtive ;
    • pour la production d'un maximum de bois de qualité en plantation, il faut réaliser les interventions sylvicoles au bon moment pour obtenir l'accélération de croissance désiré ;
    • en forêt naturelle, et peu importe l'âge du peuplement, on n'obtiendra jamais les rendements que l'on peut obtenir avec une plantation de 40 ans qui a reçu les bons traitements sylvicoles, au bon moment ;
    • les rendements que l'on observe actuellement en plantation peuvent être encore plus importants lorsqu'on utilise des plants améliorés génétiquement.

         
  • Colloque les 14 et 15 mars 2012
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    La culture des saules et des peupliers hybrides à des fins énergétiques : potentiels et défis

    Par Pierre Gagné, ing.f.

    L'utilisation de la biomasse ligneuse est une avenue prometteuse pour la production d'énergie renouvelable et d'une gamme de bioproduits à valeur ajoutée. À ce jour, plusieurs projets de récolte de biomasse forestière ont cours sur des parterres forestiers. Ce type de biomasse peut s'avérer coûteuse et elle ne pourra combler en totalité les besoins en biomasse énergétique du Québec.

    Une approche d'approvisionnement complémentaire consiste à produire de la biomasse ligneuse à l'aide de taillis cultivés en courtes rotations (TCR). Cette filière particulière des cultures énergétiques utilise des plantes ligneuses à croissance rapide comme le saule ou le peuplier hybride dont les tiges sont récoltées selon des cycles très courts. Ces plantations à haute densité sont généralement réalisées sur des terres agricoles marginales, notamment des friches. Elles permettent une production rapide de biomasse ligneuse quasi homogène et une captation accélérée de CO2. Ce type de culture est fréquent en Europe, et déjà plusieurs projets sont en cours au Québec et ailleurs au Canada afin d'acquérir des connaissances techniques et financières dans une perspective d'application à grande échelle. S'ils offrent un fort potentiel, les TCR présentent également des défis.

    Dans le but de faire le point sur les récentes avancées portant sur les TCR à des fins énergétiques, le Réseau Ligniculture Québec, appuyé par Ressources naturelles Canada et un comité organisateur, prépare la tenue d'un colloque qui portera sur des enjeux clés de ce type de culture : la recherche et le développement, l'application, la rentabilité économique et le déploiement. Cet événement se tiendra à Québec les 14 et 15 mars 2012 à l'Hôtel des Premières Nations. Quinze conférenciers du Québec et du reste du Canada ont accepté d'y partager leurs connaissances. Ce sera une occasion privilégiée pour les divers intervenants d'acquérir des connaissances pertinentes et d'établir des liens entre eux. Il s'agit d'un événement à mettre à votre agenda dès maintenant !

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  • Nouveauté sur le web
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    Plantation symbolique d'un érable rouge

    Par Daniel Lesieur

    La diffusion d'informations par le Web et les réseaux sociaux est aujourd'hui un incontournable et c'est pourquoi le RLQ est toujours à l'affût des nouvelles technologies. L'utilisation grandissante des tablettes numériques telles l'iPad et des téléphones intelligents à l'exemple du iPhone et d'Android pour naviguer sur le Web constitue un défi supplémentaire pour les webmestres. Comment diffuser l'information de façon rapide et, surtout, conviviale? La parution du Guide de populiculture au Québec nous semblait être le bon moment pour vous proposer un nouveau format de présentation : le livre virtuel.

    Basé sur la technologie Flash, le livre virtuel est rapide à télécharger et peut être feuilleté à l'écran tel un vrai livre. Parmi ses multiples avantages, il offre un outil de recherche performant, une table des matières dynamique et la possibilité d'agrandir les pages à la volée. Vous reconnaîtrez facilement les prochains documents diffusés sous cette forme grâce à cet icône livre virtuel.

    Les prochains bulletins « Lignes et cultures » seront d'ailleurs disponibles sous ce format, en plus du format PDF habituel.

         
  • Départ et arrivée au RLQ
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    Par Christian Messier, Co-Directeur RLQ

    Comme vous le savez peut-être, Brigitte nous a quitté au début septembre pour entreprendre une nouvelle carrière avec le service de la recherche de l’Université Laval. L’énorme succès du Réseau repose en grande partie sur son travail acharné au cours des 10 dernières années pour mobiliser, convaincre, organiser, encourager et appuyer les forces vives en ligniculture au Québec.  Elle laisse dernière elle, des projets semés aux quatre coins de la province, des souvenirs mémorables de visites sur le terrain en Abitibi, en Estrie, au Nouveau Brunswick et en France, des colloques riches en information et en gens convaincus et un avenir prometteur pour la ligniculture au Québec. En mon nom et aux noms de tous ceux et celles que tu as touché au cours de ces 10 années, nous te souhaitons un autre 10 ans aussi productif.

    Merci Brigitte.

    Bas-Saint-Laurent Le RLQ accueillera sous peu un nouveau professionnel qui sera basé dans la région du Bas-Saint-Laurent, plus précisément dans les locaux de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). En effet, grâce à une collaboration avec M. Robert Schneider (professeur en aménagement et sylviculture à l'UQAR) ainsi qu'avec la CRÉ du Bas-Saint-Laurent, le RLQ aura maintenant une présence encore plus dynamique dans cette région. Un affichage est présentement en cours sur notre site WebLien pour ce nouveau poste, n'hésitez pas à le consulter !

     

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